Se préparer à l’opération
L’intervention doit être planifiée rapidement, après un parcours préopératoire classique (bilan, consultation d’anesthésie…) qui doit inclure une information précise du patient sur les bénéfices attendus et les risques éventuels. Enfin, se préparer à une chirurgie de réparation du biceps distal, c’est aussi anticiper la période post-opératoire, en particulier avec une rééducation précoce en kinésithérapie.
Dans la majorité des cas, pour éviter une atteinte fonctionnelle importante, la prise en charge de la rupture distale du biceps est chirurgicale, que la rupture tendineuse soit complète ou partielle.
S’organiser pour une chirurgie rapide
La rupture du tendon distal du biceps, qu’elle soit complète ou partielle, induit une diminution fonctionnelle importante du membre supérieur.
Ce handicap au quotidien fait que la rupture complète constitue aujourd’hui une indication quasi systématique de traitement chirurgical chez les patients ayant des exigences fonctionnelles normales ou plus.
Pour leur part, les ruptures partielles relèvent elles aussi très souvent d’une prise en charge chirurgicale, en particulier chez les sujets actifs et sportifs. En effet, les données disponibles montrent que les déchirures étendues traitées de manière conservatrice exposent fréquemment à une douleur et une perte fonctionnelle persistantes et finissent donc par requérir une intervention secondaire.
Ainsi, le traitement conservateur de la rupture du biceps distal est rare. Il ne se discute que dans des situations particulières, chez des patients très peu actifs ou présentant des contre-indications majeures à l’anesthésie ou à la chirurgie. En particulier, l’obésité morbide accroît les risques de complications post-opératoires, notamment infectieuses et neurologiques. Chez les patients concernés, le rapport bénéfice-risque doit être évalué avec attention et clairement expliqué.
Enfin, idéalement, l’intervention doit avoir lieu le plus tôt possible et le patient doit donc s’organiser en conséquence. En effet, si l’époque où l’on n’opérait plus après 3 semaines est révolue, il reste vrai qu’un délai d’attente trop important, supérieur à 2 ou 3 mois, rend la chirurgie plus complexe. En effet, la rétraction et la dégénérescence du tendon distal du biceps sont alors trop importantes et ne permettent pas sa réinsertion directe sur le radius.
Connaître les risques
En chirurgie, le risque zéro n’existe pas. Le code de déontologie médicale impose que le patient en soit informé avant de donner son consentement éclairé.
Néanmoins, dans l’ensemble, la chirurgie de réparation du biceps distal est associée à un faible taux de complications graves, sous la condition qu’elle soit réalisée par un chirurgien spécialisé en chirurgie du coude, avec une expérience forte dans la chirurgie du biceps. Si le taux global de complications peut paraître élevé, il s’agit dans la grande majorité des cas de complications transitoires : c’est précisément l’expertise du chirurgien qui permet de réduire fortement le risque de complication grave.
Notamment, le taux de re-rupture est très faible, compris entre 0 et 1,5 % selon les grandes séries publiées, et il est d’autant plus faible lorsqu’un endobouton est utilisé, technique qui minimise statistiquement ce risque.
Ainsi, les complications les plus fréquemment observées sont mineures et le plus souvent momentanées, régressant habituellement spontanément en quelques semaines. L’hématome post-opératoire en fait partie. Il est généralement sans gravité mais peut être responsable d’une gêne douloureuse transitoire et, dans de rares cas, favoriser une irritation nerveuse locale.
Par ailleurs, des paresthésies sont parfois rapportées, sur le bord externe de l’avant-bras (nerf musculo cutané) et/ou le bord dorsal du pouce (nerf radial). Elles correspondent à des troubles sensitifs passagers, tout comme des neurapraxies (faiblesse ou paralysie transitoire) secondaires, dues à une irritation temporaire des nerfs liée à la voie d’abord.
Le risque neurologique principal concerne le nerf interosseux postérieur, branche du nerf radial située à proximité de la tubérosité radiale. Selon la technique de fixation utilisée, ce nerf peut en effet être exposé à un risque de compression ou de traction. Cette complication reste rare, mais elle doit être expliquée au patient car elle peut entraîner une paralysie qui causerait la chute de la main vers le bas et l’impossibilité de la relever.
C’est précisément sur ce point que la technique de fixation endomédullaire par bouton cortical filaire, utilisée par le Dr Laumonerie, présente un avantage majeur. En plaçant le bouton à l’intérieur de l’os, dans la cavité endomédullaire, cette technique évite que le nerf ne soit comprimé entre l’os et un bouton positionné contre le bord extérieur de l’os, comme c’est le cas avec d’autres techniques. Ce positionnement réduit ainsi significativement le risque de complication neurologique.
Enfin, la raideur du coude constitue l’une des complications fonctionnelles possibles. Pour l’éviter, il est essentiel d’éviter l’immobilisation post-opératoire (même si elle est parfois décrite), sauf les premières heures pour des raisons de confort, et de procéder à une mobilisation active immédiate.
Avant l’opération et le jour J : aspects pratiques
Comme pour toute intervention chirurgicale, un bilan préopératoire est nécessaire (examen clinique général, analyses biologiques…). D’autre part, une consultation d’anesthésie est systématiquement réalisée avant l’opération. Elle prend en compte les antécédents médicaux, les traitements en cours et l’éventuelle nécessité de les adapter, et vise à identifier les possibles facteurs de risque anesthésique. Selon les cas, l’intervention est réalisée sous anesthésie locorégionale (bloc du plexus brachial, seul le bras est endormi) ou sous anesthésie générale.
Le jour de l’opération, le patient est accueilli dans le service de chirurgie ambulatoire après avoir respecté les consignes transmises lors de la consultation d’anesthésie, notamment l’obligation d’être à jeun. Une préparation cutanée rigoureuse du membre supérieur est réalisée afin de limiter le risque infectieux.
La chirurgie dure en moyenne une trentaine de minutes puis le patient est transféré en salle de surveillance post-interventionnelle. Il s’agit d’un acte qui a lieu en mode ambulatoire.
Anticiper la période post-opératoire
Se préparer à l’opération, c’est aussi anticiper son après. Ainsi, il est nécessaire d’organiser à l’avance le retour à domicile, en prévoyant un accompagnant le jour de l’intervention et en anticipant les premiers jours post-opératoires (limitation temporaire de l’utilisation du bras opéré, organisation de l’aide à domicile si nécessaire, etc.).
Le Docteur Laumonerie est particulièrement sensible à cet aspect. Il a introduit et publié le concept du « fix it move it » en orthopédie : l’idée fondatrice est que la technique chirurgicale de réparation du biceps doit permettre une mobilisation immédiate après l’intervention.
Pour que ce principe puisse être appliqué dès le lendemain de l’opération, il est indispensable d’anticiper et de programmer la période post-opératoire avant même d’entrer au bloc. Cela implique concrètement de prendre rendez-vous avec un kinésithérapeute avant l’intervention, afin que la rééducation puisse démarrer immédiatement après, conformément à la philosophie « fix it move it ».
Enfin, les patients actifs professionnellement doivent programmer leur arrêt de travail. Sa durée dépend largement de l’activité professionnelle exercée. Pour ceux ayant un métier sédentaire, la reprise est généralement envisageable après 1 à 2 semaines. En revanche, en cas d’activité professionnelle physique, un arrêt plus prolongé est nécessaire, de 6 semaines à 3 mois.
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