L’approche mini-invasive utilisée par le Docteur Laumonerie réduit significativement le risque de complications (ossification musculaire hétérotopique, soudure des deux os de l’avant-bras et paralysie du nerf radial). En respectant les plans anatomiques et en limitant le traumatisme opératoire, cette technique permet une récupération rapide et optimale.
Rupture du biceps distal : le traitement médical est exceptionnel
Pour traiter la rupture distale du biceps, la mise en place de mesures conservatrices est à éviter. Elles peuvent néanmoins être envisagées dans certains cas d’obésité sévère, chez des patients à faible demande fonctionnelle ou les personnes âgées, ainsi que lorsqu’il existe des contre-indications à l’anesthésie ou à la chirurgie.
Ce traitement médical se base sur de la rééducation. Son objectif est de compenser la gêne fonctionnelle induite en travaillant sur d’autres muscles (le brachial, le brachio-radial et le supinateur) qui participent de façon synergique aux mêmes mouvements que le biceps, mais de manière bien moins importante.
Néanmoins, cette option thérapeutique ne doit être envisagée que par défaut car son résultat fonctionnel est faible : la diminution de la force et de l’endurance en flexion et en supination est toujours importante.
Ainsi, la rupture du biceps distal, complète ou partielle, est majoritairement prise en charge de façon chirurgicale, en particulier chez les patients actifs. L’intervention de refixation des tendons doit idéalement avoir lieu dans les 6 semaines suivant l’accident, au maximum dans les 2 mois, avant que la rétraction tendineuse ne soit devenue irréversible.
Dans le cas contraire, pour les ruptures plus anciennes, une réinsertion directe du tendon n’est plus envisageable et elle serait associée à un risque élevé de complication. Une greffe tendineuse peut alors éventuellement être proposée, le greffon étant prélevé sur le genou du patient (autogreffe du tendon ischio-jambier) ou provenant d’un donneur (allogreffe de tendon d’Achille).
Chirurgie de la rupture du biceps distal : objectif et voie d’abord
Le pronostic fonctionnel est bien meilleur quand la chirurgie peut être organisée de manière précoce. Le but de l’intervention est alors de réinsérer les différentes structures tendineuses distales du biceps sur la tubérosité radiale. Pour cela, plusieurs voies d’abord sont envisageables.
La technique la plus rapide consiste à pratiquer une incision d’environ 3 cm dans le pli du coude (voie antérieure unique mini-invasive) afin d’accéder directement aux structures tendineuses et à la tubérosité radiale.
Cependant, deux incisions distinctes (voie à double abord) sont parfois pratiquées, l’une antérieure pour accéder aux tendons et l’autre postéro-latérale pour donner accès à la tubérosité radiale. Cette technique permet une réinsertion anatomiquement très proche de la normale. Mais, revers de la médaille important, elle est plus invasive que celle décrite plus haut et induit des risques de lésion du muscle supinateur et d’ossification de la partie postérieure de l’articulation.
Quel système de fixation ?
Plusieurs systèmes de fixation peuvent être utilisés. Les ancrages osseux sont des sutures fixées à l’os via des ancres métalliques. La tenue mécanique de ce montage n’est cependant pas optimale et, par ailleurs, il ne permet pas une rééducation immédiate.
Ainsi, le Docteur Laumonerie privilégie le « bouton cortical » (« endobutton » en anglais) par voie simple antérieure. Il s’agit d’un petit implant à base de fil non résorbable. Il est mis en place à l’intérieur du radius (cavité endomédullaire), en traversant la paroi externe de l’os.
Les avantages de la technique sont nombreux. Plus solide que les ancres, ne nécessitant pas d’immobilisation post-opératoire et autorisant une rééducation immédiate, elle évite par ailleurs de léser le nerf radial, ce qui pourrait occasionner une paralysie de la main et une chute du poignet.
Il existe en revanche un risque spécifique à cette méthode : la compression du nerf interosseux postérieur, branche du nerf radial située en arrière de la tubérosité radiale. Cela peut se produire lorsque l’endobouton est positionné trop postérieurement, ce qui est susceptible d’induire une paralysie du poignet avec une chute de la main. Pour minimiser cette éventualité, la meilleure solution est de procéder à un positionnement volontairement prudent, pas parfaitement anatomique, sans rechercher une réinsertion excessivement postérieure.
La fixation mini-invasive endomédullaire du biceps distal par endobouton filaire en pratique
L’intervention a généralement lieu en mode ambulatoire, sous anesthésie locorégionale ou sous anesthésie générale. Elle dure environ 30 minutes.
Une fois l’anesthésie effective, le chirurgien pratique une incision unique et mini-invasive, de 3 cm ou moins, au pli du coude, le long de la face antérieure de l’avant-bras. Outre que cela délivre un accès direct et contrôlé à la tubérosité radiale et au tendon, cela limite aussi le décollement des tissus mous. Par ailleurs, le nerf cutané latéral de l’avant-bras est soigneusement repéré pour éviter toute lésion.
Ensuite, le tendon rétracté vers le haut du bras est récupéré et ramené au niveau de son site d’insertion naturel. Il est alors préparé avec des fils de suture très résistants dont le positionnement prend en compte les caractéristiques des fibres, leur longueur et leur orientation.
Un tunnel osseux très fin (2 millimètres de diamètre) est alors percé dans le radius, à l’emplacement exact de l’insertion naturelle du tendon sur la tubérosité radiale, pour un positionnement optimal.
Le tendon, attaché à l’endobouton, est alors passé à travers le tunnel. Ce minuscule implant est ensuite déployé dans le canal médullaire, en appui sur la paroi osseuse interne. Un réglage fin de la tension est nécessaire afin de plaquer fermement le tendon contre le site de fixation, pour assurer une surface de contact maximale et favoriser la cicatrisation.
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